Le Sud-Est de la France donne souvent l’image d’un hiver plus doux. Pourtant, la peau y affronte un cocktail particulier : mistral en Provence, contrastes thermiques entre littoral et arrière-pays, air froid en altitude et exposition solaire encore marquée. Pour limiter rougeurs, tiraillements, gerçures et lèvres fendillées, il faut donc protéger la barrière cutanée, couvrir les zones exposées et garder un réflexe UV même en plein hiver.
Pourquoi l’hiver du Sud-Est malmène-t-il autant la peau ?
Dans cette région, la peau n’est pas agressée par un seul facteur, mais par plusieurs à la fois.
En Provence, le vent dessèche et refroidit vite
Le mistral est un vent régional généralement sec. Météo-France indique qu’il souffle souvent autour de 50 km/h et peut atteindre 80 à 100 km/h en rafales, parfois davantage. À la station de Marignane, les normales 1991-2020 recensent en moyenne 104,2 jours par an avec des rafales d’au moins 16 m/s, soit 58 km/h. Or Ameli rappelle qu’à température égale, la sensation de froid augmente avec le vent et que, face au froid, les vaisseaux de la peau se contractent pour protéger les organes vitaux.
Entre littoral et Alpes du Sud, la contrainte n’est pas la même
Les normales climatiques montrent bien le contraste régional. À Nice, Météo-France relève 2 760,5 heures d’insolation annuelles et seulement 1,1 jour par an avec une température minimale inférieure ou égale à 0 °C. À Embrun, située à 873 m d’altitude, la durée moyenne d’insolation reste élevée à 2 530,3 heures par an, mais le nombre moyen de jours avec température minimale inférieure ou égale à 0 °C grimpe à 92,7. Autrement dit, sur la côte la lumière reste un sujet, tandis qu’en montagne le froid devient une agression cutanée beaucoup plus nette.
Quelle routine adopter au quotidien ?
Les bons gestes sont simples, mais ils doivent être réguliers pour être efficaces.
Nettoyer sans décaper la peau
Quand la peau devient sèche, sensible ou atopique en hiver, Ameli recommande des douches courtes et tièdes, ainsi que des vêtements en coton ou en lin plutôt qu’en laine ou en fibres synthétiques épaisses. Ce sont des détails concrets, mais ils évitent d’abîmer encore davantage une barrière cutanée déjà fragilisée par le froid.
Renforcer l’hydratation au bon moment
Par temps froid et sec, Ameli conseille d’appliquer plus fréquemment des émollients. Le bon réflexe est d’en remettre après la toilette et après une activité sportive, quand la peau vient d’être rincée. À la maison, l’Assurance maladie recommande aussi de maintenir le logement autour de 19 °C et d’éviter la surchauffe, qui accentue souvent l’inconfort cutané.
Protéger les zones les plus exposées
Le visage, les lèvres, les mains, le nez et les oreilles sont les premières zones à souffrir en hiver. Ameli rappelle qu’il faut couvrir les parties exposées avec bonnet, écharpe et gants. C’est d’autant plus utile que les gelures touchent surtout les pieds, les mains, les oreilles, le nez et les autres parties du visage. Même les engelures peuvent apparaître avec le froid humide autour de 8 à 10 °C.
Faut-il aussi se protéger du soleil en hiver ?
En bord de mer comme en altitude, l’hiver dans le Sud-Est combine lumière intense, vent et froid : un trio qui fragilise facilement la peau.
Oui, et c’est même l’un des points souvent sous-estimés dans le Sud-Est.
Sur la côte, l’ensoleillement reste un vrai sujet
Les normales 1991-2020 donnent une bonne idée du contexte lumineux régional : 2 897,6 heures d’insolation par an à Marignane et 2 760,5 heures à Nice. Ces chiffres ne décrivent pas l’hiver à eux seuls, mais ils confirment que le Sud-Est reste une région très ensoleillée. C’est une raison suffisante pour ne pas abandonner toute protection solaire dès décembre, surtout lors des promenades, repas en terrasse ou activités nautiques hivernales. Santé publique France rappelle par ailleurs que les cancers de la peau sont attribuables dans plus de 85 % des cas à une exposition excessive aux UV et que 141 200 à 243 500 cas sont diagnostiqués chaque année en France.
En montagne, le risque UV grimpe rapidement
Ameli précise qu’en France l’indice UV est surtout élevé entre début mai et fin août, mais qu’il peut dépasser 10 en haute montagne. La neige fait partie des surfaces claires qui augmentent l’intensité du rayonnement. C’est la raison pour laquelle une journée de ski ou de randonnée hivernale dans les Alpes du Sud peut abîmer la peau même sans impression de chaleur.
Quel niveau de protection viser ?
Santé publique France recommande d’adapter la protection à l’indice UV. Entre 3 et 7, il faut rechercher l’ombre entre midi et 16 h et utiliser au minimum un SPF 30+ sur les zones découvertes. Entre 8 et 10, il faut éviter de s’exposer entre midi et 16 h et passer à un SPF 50+ minimum. L’agence recommande aussi des lunettes de soleil de catégorie 3. Enfin, un enfant de moins d’un an ne doit jamais être exposé au soleil.
Quand faut-il demander un avis médical ?
La plupart des irritations hivernales se gèrent à la maison, mais certains signes doivent faire réagir vite.
Les signes qui doivent alerter
En cas de gelure avec cloques, Ameli recommande une prise en charge en urgence. Pour une gelure débutante, le réchauffement doit rester progressif, dans une eau qui ne dépasse pas 42 °C. Il faut aussi consulter si la perte de sensibilité cutanée s’installe, car c’est un signe de gravité. Pour les peaux atopiques, le grattage favorise l’irritation et la surinfection.
Les personnes les plus vulnérables
Ameli signale une vigilance renforcée chez les personnes âgées, les nouveau-nés et nourrissons, les personnes atteintes de maladies cardiovasculaires, respiratoires ou endocriniennes, ainsi que chez celles qui travaillent en extérieur. Les nourrissons perdent notamment beaucoup de chaleur par la tête, qui représente une grande part de leur surface corporelle.
Ce qu’il faut retenir
Dans le Sud-Est, bien protéger sa peau en hiver revient à combiner trois réflexes : une routine plus douce pour ne pas abîmer la barrière cutanée, une protection physique contre le vent et le froid, et une vraie vigilance face aux UV, surtout sur le littoral et en altitude. C’est cette approche globale qui aide le plus à passer l’hiver sans peau qui tiraille, gerce ou brûle.
Le geste soin à adopter cet hiver
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